Interview de Noizy Flight - Monkey Place Music

Interview de Noizy Flight

Interview de Noizy Flight
Interview de Noizy Flight
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Thomas aka Noizy Flight a eu l’amabilité de bien vouloir se  prendre au jeu de l’interview par notre Sandra, seule représentante féminine de l’équipe. L’interview s’est déroulée dans la salle “Le Dièze” sur Montpellier, un grand merci à eux ainsi qu’à Stocki pour son job de montage. Bon visionnage !

noizy flight

Après cette interview, Noizy Flight a ressenti le besoin de compléter cette approche de lui en allant plus en profondeur dans sa personnalité en tant qu’artiste, sa créativité, mais aussi son existence en tant qu’être humain, qui pour lui sont intimement liées.
Voici donc la suite qu’il nous a livré en aparté.
Sandrap : Tu sors un EP sur Mistique Music, gros label House Progressive: peux-tu nous en dire un peu plus ?
Je suis très fier de cet ep de 4 titres qui sort sur Mistique Music, c’est un super label et je joue beaucoup de leurs tracks. Les 4 tracks sont tous vraiment différents, j’ai mis beaucoup de temps à les terminer, sauf “001” qui a été créé en collaboration avec “Ds and music”. Je trouve ce morceau vraiment magique car on l’a créé très rapidement. Le Violon a vraiment sa place et ça ressemble presque à de la musique classique avec un côté hypnotique. Mais mon préféré reste “Dark Night” que j’ai mis longtemps a réaliser, car il révèle chez moi beaucoup d’émotions.
Le label me donne également la chance de faire un gros radioshow sur Digitaly Imported.
J’ai aussi une dizaine de tracks signés qui sortiront prochainement sur Baroque records, Green Snake Music, Balkan Connection, Tainted buddha et Vamos Music.
Sandrap : Pourquoi avoir choisi ce style musical plutôt qu’un autre ?
Je ne suis pas arrêté sur un style en particulier; en ce moment j’ai une approche très spirituelle de ma musique et je produis des morceaux House Progressive. Mais je peux changer très vite de style en fonction des évènements de ma vie ou des saisons. En mix c’est surtout en fonction de l’énergie que je perçois à l’endroit où je suis ; c’est le travail de l’artiste de sentir les besoins du public qu’il a en face de lui, tout en respectant ses limites. Pendant un set c’est parfois une vraie négociation et on peux tomber sur des publics plus faciles que d’autres.
Sandrap : Quelle(s) machine(s) utilises-tu pour la prod ?
J’utilise uniquement des instruments virtuel, car ça me permet de pouvoir composer partout où je me trouve, avec mon casque DT770 beyerdynamic quand je voyage, mais aussi une fois rentré dans mon studio. En instrument virtuel j’ai acheté il y a peu de temps le pack Arturia. C’est super, il y a beaucoup d’instruments vintage, Jupiter ou Moog. J’aime bien avoir des boutons à tourner, même virtuels, les synthés trop abstraits, comme Absynth, je m’y perd. Pour les rythmiques, j’utilise Maschine ou un sampler virtuel ; J’essaye de simplifier au maximum ma config, partant du principe que l’énergie que je mets pour maîtriser la technique, je ne la mets pas dans la création.
Pour les effets, je suis plus ouvert, mais j’utilise en général des plug-ins très simples ; Sauf pour les reverbs, où c’est en fonction de la couleur que je veux donner au son.
J’ai un clavier Akai MPK49, une carte son MOTU Ultralite.
Pour le monitoring, j’ai une petite paire de Alesis, et une de EVE Audio SC207 ; C’est top, très dynamique et neutre.
J’ai pas mal d’autres choses mais je m’en sert rarement.
Sandrap : Et quelle est celle que tu préfères ?
J’adore le Arturia Jupiter 8V, simple, sons vintage, ça me rappelle le Roland Jupiter que j’avais il y a 10 ans.
Sandrap : Pourquoi mettre la scène au second plan alors que tu pourrais faire les 2 ?
J’adore la scène et j’aime sentir cette osmose avec le public, J’aimerai ne garder que les soirées ou j’ai vraiment une impression de communion et partager des sensations très fortes. Je ressent beaucoup les énergies et lorsque je démarre un mix je sais très vite ce que me demande le dancefloor.
Rien n’est définitif, mais en ce moment je suis un peu perdu par rapport à la scène. Je me sens souvent en décalage dans certains endroits, que ce soit au niveau de la clientèle ou au niveau du fonctionnement des endroits eux-mêmes.
Je n’aime pas le superficiel, L’argent, le champagne a 800 balles, les paillettes, le paraître ; ou est la Musique et la Fête ? Ca semble très secondaire dans certains endroits.
Donc, aujourd’hui, je préfère jouer moins, mais me produire dans des endroits qui respectent les artistes et leurs musiques, et qui ont une approche beaucoup plus artistique.
En revanche, je fais de plus en plus de podcasts et de radioshows sur le web.
De plus, je crois que je me suis un peu lassé de la difficulté à trouver des dates ; C’est un combat quotidien au détriment de la créativité, et cela prend énormément d’énergie.
Dans quel but faire de la scène finalement ? Est-ce par générosité et envie d’échange? Pour assouvir la soif de reconnaissance de mon public ? Ou le besoin de me sentir exister ?
Je crois que j’ai besoin de clarifier ce point là, et, en ce moment, j’ai juste envie de faire de la musique.
Sandrap : Qu’est ce que tu kiffes dans ta vie à part la musique ?
J’adore la cuisine, je compose des plats comme mes morceaux.
Pour moi, le principe est le même : c’est un ensemble d’ingrédients de base que l’on transforme, agrémente, arrange, qui forment un résultat final plus ou moins harmonieux, avec des mélanges de différentes sensations, et que les gens peuvent aimer ou pas, selon leurs goûts. Je fais beaucoup de sport également, ça me paraît important de se reconnecter avec son corps de temps en temps.
Sandrap : Tu revendiques être un artiste indépendant, mais travailles-tu toujours tout seul ?
Oui ! Je suis indépendant, dans le sens où je n’aime pas trop faire partie d’un collectif, ça crée souvent des rivalités, et je trouve ça très anti-productif de s’enfermer dans un groupe.
Je travaille toujours seul pour la composition, car mes morceaux sont souvent le reflet de mon humeur sur le moment. A plusieurs, c’est très compliqué pour moi de trouver un sens à ma musique. J’aime tout de même beaucoup faire des remixes d’autres artistes.
J’aime aussi participer à des projets artistiques qui me tiennent à coeur, ou certains projets collectifs.
En revanche, je ne maîtrise pas toutes les étapes. Le mastering par exemple, est un métier a part entière, très technique, et je n’ai ni les compétences ni le matériel pour le faire.
J’aime aussi travailler en collaboration avec les labels, les radios, ou les promoteurs, et proposer des nouvelles idées.
Sandrap : Pour quelqu´un d’aussi authentique, pourquoi ne mixes-tu pas sur vinyls ?
J’ai appris sur vinyl et joué pendant des années sur des MK2. Ca a toujours été une source de stress pour moi, et je me trouvais toujours très imprécis lors de mes sets, même si ça ne s’entendait pas. Ensuite Final-Scratch est apparu et j’ai pu enfin joué mes morceaux, même si les premières versions étaient très instables.
Ensuite, j’ai expérimenté pas mal de choses pour le mix, partant du principe que le plus important est la qualité du mix et la sélection des morceaux, et pas le matériel utilisé.
Aujourd’hui je mixe sur Pioneer CDJ, j’aime sa précision. Avec une DJM 800 c’est idéal ! Je me sens beaucoup plus à l’aise qu’avec une Xone.
Sandrap : Que ressens-tu quand tu composes ?
En général, je compose pour exprimer des émotions ; Cela peut être de la joie, de la tristesse, de l’amour, de la colère, etc. C’est ça qui m’anime.
D’ailleurs, certains morceaux sont difficiles à travailler tellement ils me procurent des sensations fortes. Je me sent souvent vidé lorsque je quitte les machines après une longue session. Comme si je redescendais sur terre après avoir vécu des sensations très fortes.
Techniquement, je ne suis jamais satisfait du résultat final, et il est très difficile pour moi de faire écouter mes morceaux, car je voudrais toujours les améliorer.
Sandrap : Qui t’a appris la musique ?
J’ai appris seul au départ, cela m’a pris quelques années pour maîtriser mes outils. Ensuite j’ai fait un cursus de “Music Production” au “Music Academy International”. La pratique, la passion me permettent chaque jour de progresser, tout en restant à jour sur les nouvelles technologies.
Du coté purement musical, je n’ai jamais appris le solfège et ne sais pas reconnaître les notes sur un piano, je fais tout a l’oreille et au feeling.
Sandrap : Quelle est ta recette ?
Faire ce qu’on aime sur le moment, composer avec le coeur, quand on en a envie, faire ressortir ce que l’on a dans les tripes et suivre son inspiration sans vouloir copier.
Retranscrire ses idées, ne pas trop tâtonner.
Je sais ce que je veux et je suis capable de trouver le son que j’ai en tête. Ça peut paraître évident, mais beaucoup de producteur composent un peu au hasard…C’est intéressant, mais le résultat est beaucoup moins personnel.
Ma recette c’est aussi de diversifier mes activités pour que mes revenus ne dépendent pas de la musique, ça me permet d’avoir une totale liberté artistique et de faire ce que j’aime vraiment, loin de la pression financière que cela peux générer. Je suis aussi commercial dans l’agroalimentaire.
Sandrap : Un coup de coeur musical pour cette année ?
Dale Middleton, j’aime vraiment cet artiste. Pour les labels, Sudbeat Records et Mistique Music.
Sandrap : Tes projets futurs ?
J’ai un projet de Live. Je suis en train de réfléchir à la façon dont je vais le faire, ça me semble plus naturel et personnel qu’un djset mais moins flexible.
Je continue la production, et pourquoi pas d’autres tracks chez Mistique et Baroque.
Je vais installer mon Studio au Dieze. C’est un nouveau lieu de vie artistique, un très bel endroit underground et monté par quelques passionnés de musique. J’admire ce genre d’initiative, j’y retrouve l’énergie de certains lieux des années 90, où l’ouverture d’esprit et la passion de la musique prédominent. J’aime ces endroits qui favorisent les échanges entre artistes, et j’espère que ça se ressentira dans ma musique.
Pour en savoir plus sur l’univers de Noizy Flight :
https://soundcloud.com/noizyflight
http://www.beatport.com/artist/noizy-flight/282669
https://www.facebook.com/noizyflightofficial

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